CFE Airbnb : devez-vous la payer et comment éviter les mauvaises surprises ?
CFE Airbnb : quand un hôte LMNP doit la payer, exonérations (recettes ≤ 5 000 €, habitation personnelle), calcul, avis en ligne et paiement au 15 décembre.
La réponse courte
Oui, un hôte Airbnb peut devoir la cotisation foncière des entreprises (CFE), même s'il est un simple particulier en LMNP. Pour l'administration fiscale, « la location de locaux meublés constitue par nature une activité commerciale professionnelle » : elle entre donc dans le champ de cette taxe locale.
En pratique, beaucoup d'hôtes ne paient pourtant rien, pour l'une de ces raisons : leurs recettes de l'avant-dernière année ne dépassent pas 5 000 €, il s'agit de leur première année d'activité, ou ils louent leur propre logement (résidence principale ou secondaire) dans une commune qui n'a pas supprimé l'exonération. En revanche, un appartement acheté ou aménagé uniquement pour Airbnb, avec plus de 5 000 € de recettes, est en principe imposable. Les avis de CFE sont publiés en ligne début novembre, et le paiement est dû au plus tard le 15 décembre.
Qui doit payer la CFE quand on loue sur Airbnb ?
Le principe : la location meublée est une activité professionnelle
Le Code général des impôts (article 1447) répute professionnelles les activités de location de locaux meublés. Impots.gouv.fr le dit sans détour : « Même si vous n'êtes pas une entreprise mais un particulier, vous restez redevable de la CFE. » Le statut LMNP, qui concerne l'impôt sur le revenu, ne change rien à cette règle : la CFE est une taxe distincte, perçue au profit de la commune ou de l'intercommunalité.
Les exonérations qui concernent les hôtes
Le tableau ci-dessous reprend les cas listés par impots.gouv.fr et détaillés au BOFiP (le Bulletin officiel des finances publiques, qui publie la doctrine de l'administration fiscale), du plus fréquent au plus particulier. Les articles cités sont ceux du Code général des impôts (CGI).
| Votre situation | CFE | Nature de l'exonération |
|---|---|---|
| Recettes de location ≤ 5 000 € | Non due | Automatique (art. 1647 D) |
| Vous louez, de façon occasionnelle et non répétée, une partie de votre logement (principal ou secondaire) | Non due | Automatique (art. 1459, 1°) |
| Vous louez une ou plusieurs pièces de votre résidence principale à une personne qui en fait sa résidence principale, à un loyer raisonnable | Non due | Automatique (art. 1459, 2°) |
| Vous louez tout ou partie de votre habitation personnelle (résidence principale, ou secondaire que vous occupez hors des périodes de location) en meublé de tourisme classé | Non due, sauf délibération contraire de la commune ou de l'intercommunalité | Dépend de la commune (art. 1459, 3° b) |
| Même situation, mais logement non classé | Non due, sauf délibération contraire | Dépend de la commune (art. 1459, 3° c) |
| Logement acheté ou aménagé uniquement pour la location, recettes > 5 000 € | Due | Aucune (hors année de création) |
Le deuxième cas vise, selon le BOFiP, une location « accidentelle » qui « ne présente aucun caractère périodique » : une annonce proposée régulièrement sur Airbnb ne correspond a priori pas à cette situation, mais peut relever des cas suivants.
Pour le troisième cas, impots.gouv.fr précise le plafond 2026 du loyer « raisonnable » : 215 € par m² et par an hors charges en Île-de-France, 159 € dans les autres régions. Ce cas vise la location d'une chambre à un locataire qui y vit à l'année, pas la location touristique à la nuitée.
La notion clé : « habitation personnelle »
Pour les deux exonérations qui dépendent de la commune, le BOFiP définit l'habitation personnelle comme « tout logement que le propriétaire occupe à titre de résidence principale ou de résidence secondaire en dehors des périodes de location ». Il ajoute que les personnes qui louent « des locaux aménagés uniquement en vue de la location en meublé sont en tout état de cause exclues » de ces exonérations.
Concrètement :
- vous louez votre appartement sur Airbnb pendant vos vacances : c'est votre habitation personnelle ;
- vous louez votre maison de famille quand vous n'y êtes pas : c'est aussi votre habitation personnelle ;
- vous avez acheté un studio pour le louer toute l'année aux voyageurs : ce n'est pas votre habitation personnelle, la CFE est due dès que vos recettes dépassent 5 000 €.
Le BOFiP précise aussi que cette exonération s'applique « alors même que le propriétaire confie à une société de gestion ou à une agence le soin de louer son habitation » : passer par une conciergerie ne la fait pas perdre.
Vérifier la délibération de votre commune
Les exonérations qui dépendent de la commune tombent si celle-ci ou l'intercommunalité a délibéré pour les supprimer. Ces délibérations sont locales : il n'existe pas de règle nationale unique. Surtout, le BOFiP précise qu'elles « peuvent concerner une ou plusieurs des catégories » : une commune peut supprimer l'exonération des logements non classés tout en maintenant celle des logements classés, ou l'inverse. Pour la CFE, le classement ne sert qu'à cela : déterminer laquelle de ces deux règles locales s'applique à votre logement. Si vous louez votre propre logement et recevez quand même un avis de CFE, la première question à poser à votre service des impôts des entreprises (SIE) est donc : « ma commune a-t-elle supprimé l'exonération prévue au 3° de l'article 1459 du CGI ? ».
Autre précision utile du BOFiP pour les logements classés : le classement ne joue pour la CFE qu'« à compter du 1er janvier de l'année suivant celle du classement ». Un logement classé en 2026 ne relève donc de la catégorie des logements classés, au plus tôt, que pour la CFE 2027. L'intérêt principal du classement se situe ailleurs, dans l'impôt sur le revenu : notre guide sur le classement meublé de tourisme détaille les démarches et le gain fiscal.
Le seuil de 5 000 € : quelle année regarder ?
L'exonération de l'article 1647 D s'applique si votre chiffre d'affaires ou vos recettes hors taxes ne dépassent pas 5 000 €. Mais pas ceux de l'année en cours : Service Public indique que l'on regarde l'avant-dernière année (N-2). Pour la CFE 2026, ce sont donc vos recettes 2024 qui comptent.
Cas particulier : si votre activité a démarré l'année précédente (N-1), on retient les recettes de cette première année, qui peuvent devoir être ramenées sur 12 mois au prorata du temps réel d'exploitation.
Exemple : un démarrage en cours d'année
Vous avez commencé à louer un studio dédié à Airbnb le 1er juin 2025 et encaissé 3 000 € de recettes sur les 7 mois de 2025.
- CFE 2025 : non due, c'est l'année de création de l'activité.
- CFE 2026 : on regarde les recettes 2025. Ramenées sur 12 mois : 3 000 × 12 ÷ 7 = 5 143 € environ. Le seuil de 5 000 € est franchi alors que vos recettes réelles n'étaient que de 3 000 €. La CFE 2026 est alors due, mais calculée sur une base réduite de moitié, puisque c'est l'année qui suit la création.
Ce calcul sur 12 mois n'est pas automatique dans tous les cas (Service Public écrit qu'il « peut » être nécessaire) : en cas de doute, posez la question à votre SIE avant l'échéance.
Comment se calcule le montant de la CFE ?
Valeur locative ou base minimum
La CFE est calculée sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l'activité en année N-2, c'est-à-dire, pour un hôte, le logement loué. Cette base ne peut pas descendre sous une base minimum fixée par la commune, dans une fourchette qui dépend de vos recettes de N-2. Le taux voté par la commune s'applique ensuite à cette base.
| Recettes HT de l'année N-2 | Base minimum pour la CFE 2026 (selon la commune) |
|---|---|
| Jusqu'à 10 000 € | Entre 250 € et 597 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | Entre 250 € et 1 194 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | Entre 250 € et 2 509 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | Entre 250 € et 4 183 € |
Source : Service Public, barème 2026 (les tranches au-delà de 250 000 € ne concernent pas un hôte particulier).
S'y ajoutent des frais de gestion de 1 %. Les loueurs en meublé sont en revanche exonérés de la taxe additionnelle pour les chambres de commerce, qui s'applique aux autres entreprises.
L'année qui suit la création, la base d'imposition est réduite de moitié.
Exemple de calcul (hypothèses à remplacer par celles de votre commune)
Prenons un studio dédié à Airbnb, loué depuis plusieurs années, avec 9 000 € de recettes en 2024 et une valeur locative inférieure à la base minimum (votre SIE peut vous indiquer la base retenue pour votre logement). Supposons que la commune ait fixé sa base minimum à 500 € et voté un taux de CFE de 30 % (deux chiffres fictifs, choisis pour l'exemple).
- CFE : 500 × 30 % = 150 €
- Frais de gestion : 150 × 1 % = 1,50 €
- Total à payer en 2026 : 151,50 €
Avec une base minimum à 250 € et un taux de 20 %, le total tomberait à 50,50 € ; avec 597 € et 35 %, il dépasserait 211 €. Le même logement ne coûte donc pas la même chose d'une commune à l'autre. Service Public renvoie vers le service en ligne qui publie les taux d'imposition locaux par commune.
Calendrier et démarches
La première année : la déclaration 1447-C-SD
L'année de création, l'activité est exonérée de CFE. Pour en bénéficier, Service Public indique qu'il faut déposer la déclaration initiale n° 1447-C-SD au service des impôts des entreprises, avant le 31 décembre, afin que les éléments d'imposition soient établis pour l'année suivante. Si vous avez démarré la location en 2026, c'est donc à faire avant la fin de l'année.
L'avis de CFE n'arrive pas par courrier
L'avis de CFE est dématérialisé : il se consulte uniquement dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr (rubrique « Consulter > Avis C.F.E »). Il est distinct de votre espace particulier. En 2025, les avis ont été mis en ligne le 3 novembre. Impots.gouv.fr précise que l'activation d'un nouvel espace professionnel peut prendre jusqu'à un jour ouvré : ne le créez pas la veille de l'échéance.
Si vous êtes au régime réel, cet espace vous sert déjà : impots.gouv.fr indique que le LMNP au réel doit y déposer sa déclaration de résultats n° 2031.
Payer avant le 15 décembre
Si la CFE payée l'année précédente ne dépasse pas 3 000 € (le cas courant d'un hôte), le paiement est dû au plus tard le 15 décembre, par un moyen dématérialisé :
- paiement en ligne depuis l'espace professionnel ;
- prélèvement à l'échéance, sur option à demander au plus tard le 30 novembre ;
- prélèvement mensuel, le 15 de chaque mois de janvier à octobre, sur option à demander au plus tard le 30 juin.
Si l'échéance tombe un week-end ou un jour férié, elle est reportée au premier jour ouvrable suivant.
Et pour votre impôt sur le revenu ?
Au régime réel, la CFE fait partie des impôts déductibles du résultat : le BOFiP rappelle que « tous les impôts dont la déduction n'est pas expressément interdite par la loi peuvent être compris parmi les charges déductibles ». Au micro-BIC, vous ne déduisez aucune charge : selon impots.gouv.fr, l'abattement forfaitaire (30 % ou 50 % selon le classement) « représente la totalité de vos charges ».
Pour un logement dédié, la CFE s'ajoute donc aux charges qui font pencher la balance vers le réel. Notre comparatif micro-BIC ou régime réel explique comment comparer, et le simulateur fiscal fait le calcul avec vos chiffres. Pour les autres obligations du loueur meublé (déclaration d'activité, SIRET, prélèvements sociaux), voyez le guide complet du statut LMNP.
Ce qu'il faut faire maintenant
- Situez-vous dans le tableau des exonérations : logement personnel ou logement dédié, recettes de l'année N-2 au-dessus ou en dessous de 5 000 €.
- Si vous avez démarré en 2026, déposez la déclaration 1447-C-SD avant le 31 décembre.
- Créez ou vérifiez votre espace professionnel sur impots.gouv.fr dès maintenant, pour consulter votre avis à sa mise en ligne début novembre.
- Payez avant le 15 décembre, ou contestez auprès de votre SIE si vous pensez remplir une condition d'exonération.
- Intégrez la CFE à vos charges pour mesurer la vraie rentabilité de votre logement : notre méthode pour calculer la rentabilité de votre Airbnb la prend en compte.
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